Le sport ça rassemble (vraiment ?)
Voilà un bon titre très « tarte à la crème ». Mais plus sérieusement, il faut d’abord expliquer de façon sérieuse et rationnelle la situation. Imaginons un groupe pour lequel on envisage de faire un team building sportif.
Grave erreur, et les chiffres ne trompent pas : les statistiques sont formelles. Tout d’abord, il faut savoir qu’en Europe et en France, il y a en moyenne 26% de la population qui déteste ou qui n’aime vraiment pas le sport. Vous n’avez donc aucune chance d’avoir un bon taux d’adhésion à l’activité.
Hélas, ça n’est pas tout, bien au contraire !
Pensons maintenant à toutes celles et ceux qui ne peuvent pas pratiquer l’activité sportive prévue : par exemple une personne qui s’est tordue la cheville la veille, ou une femme « très » enceinte, quelqu’un d’asthmatique, malvoyant, PMR, ou peut être encore la partie importante de la population qui n’ose pas se montrer en tenue sportive ou les gens qui détestent transpirer ou avoir des odeurs de transpiration devant leurs collègues. Nous perdons encore ici un bon 15% de l’effectif initial.

Mais il y a encore d’autres raisons : imaginons que dans le groupe, il y aura des participants à ce team building sportif, et qui sont de très grands sportifs. Une passionnée d’escalade alors que le team building est une petite via ferrata. Ou un cycliste accompli qui découvre qu’on va faire une gentillette balade en VTT presque à plat. Quelle déception pour eux, ils vont s’ennuyer pour ne pas dire autre chose ! Pire encore pour le fan d’escrime à qui on fera comprendre que son sport n’est pas dans la norme (c’est du vécu). On estime là encore qu’on abandonne de facto 10% des collaborateurs.
Continuons la descente aux enfers
… avec ceux et celles qui ont des phobies liées au sport choisi : peur de l’eau (pour le cayak, c’est fichu), peur du vide ou de la hauteur (raté l), et bien sûr on a volontairement jusqu’ici oublié qu’en nature il n’y a ni point d’eau ni toilettes, donc que la soi-disant rando sympa se transformera en un calvaire en perspective pour cette femme qui a ses règles ou pour cette personne qui aura eu le malheur d’avoir un besoin pressant…
Ah, j’ai oublé l’essentiel : la météo. Il pleut ? Votre événement est fichu. On n’est pas en sucre, mais ça n’est vraiment pas agréable de courir dans les bois sous la pluie, dans la boue, avec Jean-Charles de la compta et avec Tinux de l’informatique. On aurait préféré autre chose ! La statistique est formelle : il y a forcément un risque de mauvais temps, partout, toute l’année. Un indice : à Lyon il pleut 96 jours par an en moyenne, à Paris 111 et 140 à Luxembourg. C’est 38% de risque.
Conclusion
Maintenant, faites vos comptes. Mais les maths ne mentent pas : et la conclusion (>60% d’échec garanti) est sans appel : non, définitivement, le sport n’est pas une bonne idée pour un team building d’entreprise !
C’est peut-être une bonne idée pour un groupe d’amis qui aiment le même sport. Mais en entreprise, pas du tout.
Il y a en revanche un point commun : tous les collaborateurs ont été recrutés, sélectionnés, et travaillent donc ils ont un cerveau, ils sont intelligents. Faites donc appel à leur intelligence, avec un team building malin et intéressant !