Un séminaire peut souder une équipe. Il peut aussi la briser.

Oui, un séminaire peut souder une équipe. Mais il peut aussi la briser. Tout dépend de ce qu’on lui demande.

Trois façons de fabriquer de la frustration

Quand on force des jeux « conviviaux » à des gens qui ne se parlent plus. Quand on maquille des tensions avec un escape game. Quand on colle des post-it sur des problèmes jamais réglés. Dans les trois cas, on fabrique de la frustration. Pas de la cohésion.

J’ai vu ces trois scènes. Le jeu convivial imposé à deux services en froid : chacun a joué de son côté, poliment, et tout le monde est reparti exactement comme il était venu. L’escape game posé sur une réorganisation mal digérée : une heure d’énigmes, puis le silence dans le car du retour. Le mur de post-it : couvert de bonnes intentions, photographié, jamais relu.

Ce qu’un séminaire peut faire, et ce qu’il ne peut pas

Un séminaire ne règle pas un conflit de management. Il ne remplace pas une décision que la direction repousse depuis six mois. Il ne fait pas aimer un collègue. Ce qu’il peut faire, c’est autre chose : mettre les gens en situation, ensemble, sur un terrain où personne n’a l’avantage, et leur faire vivre une réussite commune qu’ils n’attendaient pas. Le but n’est pas de créer des moments pour faire joli, mais des électrochocs pour repartir autrement.

Pour cela, on choisit le format d’après ce qui coince, pas d’après le catalogue. Une équipe qui ne se parle plus a besoin d’un serious game où la parole est la seule ressource : on y négocie, on y décide, on y perd quand on ne s’écoute pas. Une équipe fatiguée a besoin d’être surprise, et c’est le rôle d’un team building qu’elle ne peut pas vivre ailleurs. Une équipe où les choses dures ne se disent pas a d’abord besoin qu’on lui apprenne à les dire.

Avant de réserver quoi que ce soit, trois questions

  • Qu’est-ce qui doit avoir changé le lendemain ? Si la réponse est « l’ambiance », c’est trop vague pour un budget.
  • Qui ne se parle pas, et pourquoi ? Un séminaire qui l’ignore le rendra plus visible, pas moins.
  • Qu’est-ce que la direction est prête à entendre ? Faire parler les gens, puis ne rien faire de ce qu’ils ont dit, c’est la recette la plus sûre pour briser une équipe.

Si les réponses sont floues, ce n’est pas un séminaire qu’il vous faut, c’est une conversation. Nous la faisons volontiers avant de proposer quoi que ce soit, et il arrive qu’elle change le programme. Depuis 2006, c’est notre métier : concevoir des moments qui font bouger les relations, pas des activités qui les figent.